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Actualité

11 Septembre 2017

Pour financer les PME, à trois c’est mieux


Pour financer les PME, à trois c’est mieux : Une initiative regroupant le public, le privé ainsi que
l’Europe autour d’un fonds innovant vise à soutenir l’essor des petites entreprises « Une sainte
trinité miraculeuse » : c’est ainsi que Benjamin Griveaux, le secrétaire d’Etat auprès du ministre
de l’économie, a salué vendredi 8 septembre une initiative regroupant le public, le privé ainsi que
l’Europe autour d’un fonds innovant, destiné à financer le développement des PME. « C’est un
paradoxe, il y a beaucoup de liquidités disponibles mais en fait tout le monde se bat pour financer
les mêmes entreprises », à savoir les belles ETI (entreprises de taille intermédiaire) et surtout pas
les plus petites, pour leurs projets les plus risqués, explique Fabrice Dumonteil, président d’Eiffel
Investment, la société de gestion du fonds Eiffel Croissance Directe, qui vise de prêter 300
millions d’euros « dans les prochains mois afin de financer une centaine de PME ».

Depuis le démarrage en juin, déjà une trentaine de millions d’euros ont été engagés auprès de six entreprises pour soutenir leur essor. «Notre objectif est de multiplier par quatre notre chiffre d’affaires en trois ans. Nous ouvrons des
magasins, nous venons de créer un nouveau site Internet et nous voulons nous développer à
l’international », indique Déborah Janicek, présidente de Figaret, le spécialiste de la chemise.

BeRelax, qui installe des spas dans les aéroports, prévoit de s’implanter à Dallas, Doha et Oman.
Lucca (solutions de gestion) veut recruter une trentaine de commerciaux et autres développeurs
d’ici la fin 2018. Autant de projets que les banques traditionnelles ont du mal à financer, faute de pouvoir prendre des garanties sur des actifs tangibles, comme des machines ou de l’immobilier. « Nous n’avons pas toujours les outils pour financer même les très beaux projets », déplore Jean-Paul Julia, directeur exécutif à la BRED, partenaire d’Eiffel. Ce
constat avait amené Bpifrance à créer « les prêts d’avenir » en 2014 sur le créneau de l’immatériel, allant des recrutements à une campagne de pub. De son côté, après une enquête poussée auprès des chefs d’entreprise et des financiers, la Direccte Ile-de-France (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) avait lancé en 2016 une consultation afin de trouver une société de gestion susceptible de compenser cette carence du marché. Eiffel Investment Group a été retenu en janvier 2017.

Le fonds Eiffel Croissance Directe, qui s’élève à ce stade à 115 millions d’euros, est alimenté à hauteur de 100
millions d’euros par l’assureur AG2R La Mondiale. La BRED contribue également et agit en cofinancement. Dernier partenaire, enfin, le Fonds européen d’investissement (FEI), qui apporte sa garantie sur une partie des engagements.  Alors que M. Griveaux a réaffirmé que le financement des PME serait bien au coeur du projet de loi pour les entreprises sur lequel planche le ministère de l’économie, cette initiative montre, en tout cas, l’intérêt d’associer public et privé.

En 2013, la Caisse des dépôts et consignations avait ainsi lancé le fonds Novo, en partenariat avec les assureurs qui s’étaient vus accorder l’équivalent d’un « droit à prêter ». La taille des entreprises visées était toutefois plus importante que pour Eiffel Croissance. Le défi désormais pour le gouvernement est d’industrialiser ces démarches afin de drainer d’avantage de capitaux vers les PME.
 

Le Monde Economie, Par Isabelle Chaperon

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